05 février 2008
Le boulevard périphérique - Henry Bauchau
Paris, 1980. Alors qu'il " accompagne " sa belle-fille dans sa lutte contre un cancer, le narrateur se souvient de Stéphane, son ami de jeunesse. Au début de la guerre, cet homme l'a initié à l'escalade et au dépassement de la peur, avant d'entrer dans la Résistance puis, capturé par un officier nazi - le colonel Shadow -, de mourir dans des circonstances jamais vraiment élucidées. Mais Shadow, à la fin de la guerre, s'est fait connaître du narrateur. Son intangible présence demeure en lui, elle laisse affleurer les instants ultimes, la mort courageuse - héroïque, peut-être - de Stéphane. Et la réalité contemporaine (l'hôpital, les soignés et les soignants, les visites, l'anxiété des proches, les minuscules désastres de la vie ordinaire, tout ce que représentent les quotidiens trajets sur le boulevard périphérique) reçoit de ce passé un écho d'incertitude et pourtant d'espérance... (quatrième de couverture)
Je découvre Henry Bauchau grâce à mon ami libraire et pourtant, il a écrit de nombreux livres. Celui-ci m'a éblouie. Cet auteur parvient avec une écriture simple à parler de pensées très philosophiques, à interpeller. J'aime beaucoup ce genre de livre que vous reposez souvent après avoir lu quelques lignes ou quelques pages pour fermer les yeux, et votre esprit se met à penser, réfléchir, se questionner, vagabonder. C'est pour moi signe d'une grande qualité d'écriture. Ils sont rares les auteurs qui me font cet effet. Je mets plus de temps pour les lire. Ils m'habitent longtemps.
Le narrateur nous parle de son amitié pour Stéphane. Comme j'aimerai connaître une amitié comme celle-ci. Intense, sans parler beaucoup, juste le regard, l'attitude qui porte l'autre, qui le pousse un peu plus loin, au delà de ce qu'il pensait être possible. Certains passages sont "simplement" beaux. Ils ne se sont pas connus longtemps, la seconde guerre les a séparés avec la mort de cet ami.
D'ailleurs le narrateur va rencontrer celui qui l'a tué. Un homme plein de haine. Là, l'auteur va nous emmener dans les couloirs secrets de la pensée de cet homme. De son fonctionnement moral. Impressionnant !
Cela, c'était dans le passé. Le présent, c'est sa belle-fille qui se bat à l'hopital et qu'il va voir très souvent en prenant le boulevard périphérique. Et tout cela se mèle. Le présent, le passé, les souvenirs, les pensées sur cette amitié, la mort comme une fin en soi, sur l'amour. Il pose un regard sur ce qu'il a vécu, sur les personnes qu'il a rencontrées plein d'humanité. Il analyse les sentiments, les actes avec justesse. Il nous surprend. Toujours avec cette écriture sobre.
Ah...Je suis frustrée. Je me rends compte que ce livre mérite que l'on parle de lui bien mieux que je ne le fais.
Il est évident que je ne vais pas m'arrêter là avec cet auteur. Son écriture m'a séduite. D'emblée. Une écriture qui enrichit. Je veux découvrir ses autres livres, ses poèmes.
Commentaires
Je n'ai encore jamais osé ouvrir un Bauchau mais ça ne saurait tarder car ton billet donne envie. Je crois que je commencerai par l'enfant bleu qui m'a vraiment l'air bien
-Goelen, ah n'hésite plus. Pourquoi n'a t-il pas croisé ma route avant cet auteur ? C'était une lacune.
Mais tu en parles très bien suffisamment bien pour me donner envie de découvrir cet auteur et ses livres. Je ne te l'ai pas dit depuis longtemps mais merci pour toutes ces présentations de livres et tes jolies photos.
Tu donnes vraiment envie de découvrir cet auteur, que je ne connais pas !
Alors là, je suis fière de dire que c'est un auteur belge
Et il est âgé de 94 ans...
Il a donc écrit ce livre alors qu'il sait approcher de sa propre mort...ce qui le densifie encore je trouve
Il faut savoir aussi que Henri Bauchau écrit toujours le journal de l'écriture de ses romans...
Et c'est aussi passionnant...il décrit l'avancement de son travail d'écriture, ses avancées, ses retours en arrière, ses hésitations etc
-Cassa, merci à toi. Tant mieux si je donne envie de lire ce livre.
-Line, merci !
-Coumarine, tu peux être fier. Je vais vite combler mes lacunes avec cet auteur. Comment j'ai pu ne pas croiser sa route avant ?!!! Le journal de ses écrits m'intéresse aussi alors !
Cette semaine, tu es la deuxième que j'entends parler de cet auteur, avec tant d'admiration. Je ne connaissais même pas son nom. Comme quoi, nous avons encore de très bonnes lectures à venir! Ouf!
Je partage complètement ton avis sur la façon de reconnaître une qualité d'écriture.
Pour finir, je note cet auteur avec un autre titre: jamais de thème sur la maladie pour moi, tu le sais déjà ;-(
Bon après-midi, et bonne lecture ce soir (?).
Tu en parles très bien, on sent que c'est riche, plein d'idées, que tu es sur quelque chose dont tu n'as pas encore fait le tour...Je ne le connais pas, mais tu donnes envie de l'approcher, les autres commentaires aussi...
Oui c'est sur ma Lal!!Merci pour ton billet
J'avais lu "l'enfant bleu" il ya très longtemps et j'aivais bcp aimé son écriture. Je note celui-ci pour plus tard.
j'ajoute que Henri Bachau est psychanalyste (il l'a été )et revisite sans cesse dans son oeuvre les mythes fondateurs (Oedipe entre autres)
-Anne, la maldie est là mais sans faire peur. Tu peux le lire sans crainte.
-Lena, oui un livre auquel on pense longtemps.
-Stéphane, je t'en prie ! Tu en parleras ?
-Mous, oui j'ai noté l'enfant bleu. Bises.
-Coumarine, oui j'ai regardé sa biographie et sa bibliographie. Une belle découverte.
Henri Bauchau est un grand écrivain d'une grande réputation et surtout mais c'est souvent la marque des grands : Discret ! Moi aussi je suis comme Goelen assez tenter de le découvrir soit comme toi avec son dernier roman ou avec l'enfant bleu.
je connaissais son "Antigone" mais là, comme Anne, la maladie j'ai du mal...mais si tu le dis....
Auteur inconnu au bataillon pour moi aussi, il faut que je note, donc ! ;-)
Bon c'est vrai que le thème est dur ( doublement dur même ) mais contrairement à ce que tu crois , tu en parles très bien ...
J'ai essayé de lire "Oedipe sur la route" il y a quelques années, je l'ai abandonné aux 3/4, ce n'était pas le moment ; je me suis toujours dit que j'y reviendrai un jour.
-Alice, comme toujours quand j'aime un auteur je vais lire plusieurs livres de lui.
-B, oui je le dis ! ;-))) Je suis très sensible tu sais.
-Tama, oui note, note, note !
-Pyrénéenne, merci.
-Françoise, essaie celui-là.
j'avais noté son "Antigone sur un autre blog, je surligne donc le nom de cet auteur ! Bises et bon club!
Quand je pense que j'ai failli acheter un de ses livres samedi dernier, comme quoi on hésite et on ne devrait pas. tu m'as donné envie de le découvrir et de plus s'il est belge je cours je vole. Bonne soirée. bises!
Hé hé , spur qu'il est belge car une amie belge ne m'en a dit que du bien...
Je viens moi aussi de noter "Antigone" de cet auteur. Je note donc son nom gros! Le fait qu'il y ait la maladie par contre... la miss hypocondriaque que je suis va peut-être trouver ça dur un peu!
Un coucou en passant, bises et bonne journée !
Je viens juste de lire la critique élogieuse de ce roman dans le dernier n° de Lire. Moi non plus, je ne connaissais pas cet auteur. Je rajoute ce titre sur ma LAL.
J'ai hâte, vraiment hâte de le lire. Après Antigone, je ne peux que me dépécher! Comment laisser de tels romans sur le bord de la route! ;-)
-Cathulu, oui surligne, souligne !
-Ptitlapin, et oui tu es obligée de le lire !
-Caro, ;-))
-Karine, non ça ira. Promis !
-Mireille, oui je l'ai lu aussi. Tu verras c'est une très belle écriture.
-Chiffonnette, on ne peux pas le laisser sur le bord de la route. Je vais vite rattrapper mes lacunes avec cet auteur.
J'en avais entendu parler en bien. Je le note donc :-) Bises du soir!
J'aime beaucoup Bauchau, c'est une bien belle plume et un homme profond. Il y a de cela 6 ou 7 ans, j'ai été fortement marquée par la lecture de "Jour après jour". J'ai dévoré "Passage de la bonne graine" et plus récemment "la Grande Muraille", deux autres tomes de son journal. On y apprend beaucoup sur la création littéraire et sur la vie en général.
-Katell, oui note-le, c'est un incontournable ! Bises du matin !
-Lennie, je note ces titres. Merci !
Et bien Bellesahi, il ne te reste plus qu'à lire son "Antigone" qui est magnifique !! (Serais-je de parti-pris ? Oh, juste un peu... ;o))
Vois-tu, je n'ai pas encore lu celui-ci mais il est sur ma liste.
J'ai lu par ailleurs "Oedipe sur la route" mais il est moins facile d'accès que son "Antigone"...ne commence pas par celui-là, tu serais peut-être dégoutée.
Tout va mieux chez moi, du repos et nous serons d'attaque pour la semaine prochaine !! Bises.
-Antigone, oui je vais le lire. Il est commandé en bibli. Je suis contente que tout aille bien chez toi.
bonjour!
ce sont les derniers chapitres, lus hier au soir qui m'ont incitée à une recherche sur le net... histoire de ralentir l'approche de la fin du livre tout en restant avec Henry Bachau.
Son écriture se fait avec la précision du tailleur de diamant! il travaille la matière des relations humaines (et de sa propre humanité) en grand sculpteur, avec une grande simplicité et une conscience à la vie bouleversante. On sent un homme solidement ancré dans le sol, qui éprouve l'importance du quotidien avec une extrême sensibilité. Ce livre est d'une grande intelligence.
J'avais lu "Oedipe sur la route". En effet, je l'avais trouvé difficile, mais aujourd'hui, je me dis que l'auteur nous amenait peut-être dans le cheminement ardu qu'Oedipe avait à parcourir. La lecture du "Boulevard Périphérique" m'a parue plus simple en revanche. Mais douloureuse pour moi. La question de la maladie n'est pas essentielle, il me semble, mais plutôt celle de l'amitié et de la mort. Mais c'est traité simplement, en toute pudeur et peut-être de façon très proche de la réalité. C'est peut-être ce qui m'en a rendu la lecture douloureuse.
Maintenant que j'ai découvert Henry Bachau, je n'en resterai pas là dans mes choix de livres. Je suivrai les conseils prodigués dans vos échanges ci-dessus.
merci et bonnes lectures!
marino
-Marino, vous parlez extrèmement bien de ce livre. N'hésitez pas à revenir me donner votre avis sur vos lectures. Merci.
oui, beauté, profondeur, intelligence, honnêteté et modestie... que de qualificatif pour cette écriture qui nous laisse en admiration. j'ai lu aussi Antigone, qui m'avait beaucoup émue. Je pense que les prochains que je lirai sont l'enfant bleu et l'atelier spirituel.
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